Cybercarnet du président

Le récit d’Henriette et de sa mission

Pendant ma tournée en compagnie de nos Églises et de nos pasteurs le long du fleuve Saint-Laurent, j’ai visité un cimetière. Je ne connaissais pas les particularités des tout premiers progrès de l’Évangile au Québec au milieu des années 1800. C’est un récit fascinant, dont voici un résumé accompagné de quelques photos que j’ai prises sur place. Je pense qu’il saura vous intéresser.

Après le réveil de 1816 et de 1817 survenu à Genève en Suisse, certains adhérents ont quitté l’Église protestante de l’état. La loi en 1824 persécutait ces dissidents et aurait pu les forcer à l’exil. Henriette Feller a ainsi quitté l’Église officielle de l’état en 1827 pour se joindre à la Société des missions évangéliques à Lausanne en Suisse après la mort de son mari. Cette société avait commencé à envoyer des missionnaires au Bas-Canada. En août 1834, Henriette est donc partie au Canada accompagnée du pasteur Louis Roussy. Chassée et persécutée dans plusieurs autres endroits, elle s’est établie à Grande-Ligne à douze kilomètres de la ville de Saint-Jean-sur-Richelieu en septembre 1836.

Des années antérieures difficiles

D’autres sociétés missionnaires n’ont tenu bon qu’une année. Après quoi, elles sont retournées en Suisse. Pendant la rébellion de 1837 au Québec, Henriette d’autres convertis ont fui aux États-Unis. Ils avaient été accusés d’avoir fraternisé avec les Britanniques. Cependant, la rébellion de 1837 a libéré la société de l’emprise des prêtres catholiques romains et a favorisé les progrès du protestantisme francophone. Henriette soulignait : « Le temps est venu, le Canada est ouvert. »

Des lieux de prédication ainsi que des écoles ont ouvert leurs portes. La Société missionnaire canadienne-française s’est établie à Montréal en février 1839. Henriette a soutenu cette mission, sans toutefois s’y joindre. Elle était animée en effet d’un profond désir d’indépendance, dépourvu d’influence extérieure. Elle a effectué huit voyages de collecte de fonds aux États-Unis. Elle a insisté pour que le pasteur Roussy lui transmette un rapport périodique sur l’Église de Grande-Ligne et sur son école. Les étudiants de cet établissement l’appelaient affectueusement « maman ».

De 1855 jusqu’à sa mort en 1868, sa santé a été chancelante. Cela ne l’a jamais empêchée de diriger les affaires de la mission, même depuis sa chambre. Au cours de ses trente-deux années de service missionnaire au Canada français, Henriette Feller a établi la toute première communauté protestante francophone au Québec. Elle a ainsi veillé sur l’éducation des jeunes et a favorisé l’éducation supérieure de francophones doués. Elle a également fondé neuf Églises protestantes francophones dirigées par sept pasteurs. Neuf cents personnes environ fréquentaient ces églises.

Je me suis entretenu avec le professeur Michael Haykin, l’un des plus historiens marquants de l’histoire de l’Église au Canada. Ce dernier m’a dit un jour : « Steve, à la fin du 19e siècle, le Québec comptait environ 50 000 chrétiens évangéliques francophones. »

Je m’interroge sur ce qu’il est advenu de ces retombées. La persécution au Québec avait entraîné l’immigration des évangéliques vers les États-Unis. Et ainsi, a diminué l’envoi de missionnaires au Bas-Canada. Une direction défaillante et l’engourdissement de l’évangélisation ont-ils permis la dilapidation de l’héritage de Grande-Ligne en quelques générations? Rappelez-vous que l’Église chrétienne est toujours à une génération près de s’éteindre.

Répéterons-nous l’histoire?

Dans les années 30 et 40, certains étudiants au collège biblique ont commencé à s’installer au Québec. Ainsi, parmi ces pionniers, figuraient entre autres, Wilf Wellington, Murray et Lorne Heron, Ernie Keefe. Ils ont suscité le démarrage d’Églises francophones. En 1958, l’Œuvre française du Fellowship est née et environ cent Églises ont été implantées. Aujourd’hui, le Québec compte plus 85 Églises d’expression française et 9 000 croyants, soit le plus vaste groupe confessionnel francophone dans cette province. Voilà un merveilleux récit de la grâce de Dieu! Cependant, seul 0,8 % de Canadiens français s’identifient comme chrétiens évangéliques. Notre travail ne fait que commencer.

Les spécialistes de la missiologie soulignent que les peuples ou les groupes de personnes évangéliques qui comptent moins de 2 à 3 % lutteront pour maintenir leur autonomie à moins d’obtenir de l’aide extérieure. Imaginez si dès maintenant nos Églises et nos donateurs du Fellowship faisaient cesser notre engagement envers le Canada francophone. Avec seulement 0,8 % d’évangéliques, nous répéterions vraisemblablement l’histoire de la fin du 19e siècle. Les grands progrès des cinquante dernières années pourraient disparaître en une seule génération. Nous ne pouvons permettre une telle situation! Le temps est venu. Le Canada français est ouvert!

Très peu de pays envoient des missionnaires au Canada français. En tant que Canadiens, le Seigneur nous a confié cette responsabilité divine. Veuillez vous joindre à moi et intercédons pour le salut des Canadiens, des Canadiens français.

Partez à la découverte et devenez partenaires

Joignez-vous à Hugo Éthier et moi le 5 mars 2026 de 13 h à 14 h 45 HNE lors d’une tournée virtuelle du Québec (TVQ). Communiquez avec Hugo hethier@fellowship.ca, coordonnateur des francophones du Fellowship national pour vous renseigner sur cette tournée. Vous rencontrerez certains de nos implanteurs d’Églises actuels. Vous en saurez plus sur l’implantation d’Églises au Québec et apprendrez comment votre Église et vous pouvez soutenir l’implantation d’Églises au Québec à l’aide d’un partenariat 7 X 7 = 1.

Renseignez-vous davantage sur les partenariats 7 X 7 = 1 (7 Églises aident pendant 7 ans à l’implantation d’une Église au Québec). Consultez aussi fr.fellowship.ca/Atteindrelesfrancophonesaucanada.

Communiquez avec Hugo dès aujourd’hui.