Le Fellowship d’Églises Baptistes Évangéliques au Canada
Veuillez noter que le présent énoncé de politique, au moment de son adoption
remplacera la « Politique du Fellowship sur le mariage » votée le 22 février 2007
Énoncé de politique sur le mariage et la sexualité humaine
-
Énoncés de politique [Article 15.1 (d)]
Les énoncés de politique sont l’expression des convictions bibliques, qui nous animent en tant que baptistes du Fellowship, qui ont été approuvés par les délégués lors d’un Congrès national et qui sont conformes à notre Confession de foi. Nous devons aspirer à l’exécution de normes qui répondent aux attentes qui accorderont aux Églises membres un degré convenable de liberté conformément à notre principe historique de « liberté de l’âme » d’une part, tout en n’entravant pas le concept de l’intégrité théologique d’autre part.
Les énoncés de politique engagent les Églises membres et sont d’abord rédigés ou amendés par le Conseil national ou par au moins de cinq pour cent (5 %) des Églises membres. Les énoncés de politique n’auront un effet liant que lorsqu’ils seront votés par les délégués des Églises membres à au moins deux tiers (2/3) de ces dernières par une résolution extraordinaire.
-
Définition biblique du mariage
La définition du mariage continue de basculer au sein de la culture. Au sens le plus élargi, le mot mariage fait référence à l’union officielle de deux partenaires consentants dans une relation tant personnelle que familiale, comprenant généralement des relations sexuelles.
En tant que chrétiens, nous croyons que Dieu est l’auteur et le créateur du mariage, qu’il a communiqué son dessein à cet effet dans la Bible, et que son dessein engage la manière dont nous définissons le mariage et la manière dont nous le mettons en pratique.
En conséquence, nonobstant de la définition élargie du mariage qui peut être déterminée par la culture, nous adoptons la définition suivante du mariage pour la croyance, la doctrine et la pratique religieuse du Fellowship d’Églises Baptistes Évangéliques au Canada :
|
Le mot « mariage » est réservé à l’engagement officialisé de la relation entre un homme et une femme qui s’engagent l’un envers l’autre par la déclaration légale d’une communion exclusive et intime et l’union sexuelle avec l’intention de permanence. Le mariage est monogame, hétérosexuel et conçu pour la vie durant.
|
-
Compréhension biblique de la sexualité humaine
3.1. La création : le dessein original de Dieu pour la sexualité humaine
3.1.1. Dieu a révélé sa volonté concernant l’épanouissement des désirs sexuels humains, uniquement dans le mariage hétérosexuel fidèle, qui procure l’épanouissement humain tant pour les personnes que pour les familles. Le mariage humain en obéissance à la volonté de Dieu sert ainsi d’illustration de la relation de Dieu avec son peuple.
3.1.2. La Bible nous enseigne que la volonté de Dieu consiste à ce que nous choisissions d’exprimer notre identité sexuelle soit par le mariage hétérosexuel fidèle ou le célibat chaste.
3.1.3. Dieu a créé les humains à son image : des êtres relationnels existant biologiquement en tant que mâle ou femelle. Le dessein de Dieu ainsi créé est honoré lorsque nous harmonisons notre propre identité avec notre sexe biologique. La distinction des genres et des sexes est honorée lorsque chacun considère le sexe opposé comme leur égal et lorsqu’il est entendu que l’objet naturel de son désir sexuel est le sexe opposé.
3.1.4. La Bible affirme que tous les gens sont aimés par Dieu parce qu’ils sont faits à l’image de Dieu. L’amour de Dieu pour les gens qui définissent leur sexualité et leur orientation sexuelle contrairement aux principes bibliques n’entraîne pas son approbation de cette définition ou de cette orientation ou des pratiques associées avec de telles perspectives.
3.1.5. En tant que créatures conçues par Dieu, notre véritable identité et notre plus grande joie se trouvent dans l’obéissance à la volonté révélée de notre créateur, en ce qui a trait tant à notre identité sexuelle que dans les relations sexuelles que nous choisissons, notre vie durant.
3.1.6. La Bible enseigne que le célibat chaste, tout comme le mariage, est un don de Dieu. L’inaptitude d’une personne à agir sur ses désirs sexuels ne la rend pas moins humaine pour autant. La personne célibataire et chaste démontre plutôt les aspects des intentions de Dieu envers nous en tant qu’êtres humains qui sont moins apparents chez les personnes mariées.
3.2. La chute : la déchéance humaine et la dénaturation du dessein de Dieu concernant la sexualité humaine
3.2.1 La Bible nous déclare que la chute de l’humanité dans le péché a non seulement dénaturé les relations humaines avec Dieu et les autres, mais également notre propre sexualité humaine.
3.2.2. Cette déviation a eu pour résultat la perdition de la sexualité et entraîne la confusion et la tentation d’aller à l’encontre de la volonté de Dieu dans l’expression de nos désirs sexuels. Bien que la tentation sexuelle ne soit pas un péché en soi, Jésus a enseigné que la décision d’agir devant une telle tentation tant en pensée qu’en action demeure une transgression.
3.2.3. La Bible déclare que le péché sexuel blesse tous les participants. Il demeure nuisible à l’épanouissement de la société et des personnes et il conduit parfois à l’humiliation, à l’avilissement, à l’agression ou à l’exploitation des gens, ce qui qui vient à l’encontre de la dignité inhérente de tous les gens en tant que créatures à l’image de Dieu.
3.2.4. La doctrine biblique du péché originel nous enseigne que le péché anime intrinsèquement bon nombre de désirs humains et que ces derniers doivent ainsi être gérés une fois pour toutes et on doit en bannir la pratique et que cette vérité est admise implicitement par tous les êtres humains.
3.3. La rédemption : le dessein original pour la sexualité humaine, restauré par le Christ
3.3.1. La Bible déclare que le Fils de Dieu s’est fait homme pour restaurer notre monde déchu par sa vie obéissante, par sa mort et par sa résurrection. En tant que nouvelles créations en Christ, nous sommes ainsi transformés tant dans notre compréhension de la sexualité humaine que dans nos pratiques sexuelles.
3.3.2. Jésus-Christ a réaffirmé par ses enseignements l’intention de Dieu dans l’acte de la création, à savoir l’épanouissement et la satisfaction du désir sexuel qui ne surviennent que dans le contexte de l’union de l’homme et de la femme par un mariage d’engagement.
3.3.3. Le Christ ressuscité a accordé le Saint-Esprit à tous ses disciples, qui habite et habilite tous les croyants pour qu’ils obéissent à la volonté de Dieu et nous permette ainsi d’exprimer sa sainteté et sa pureté dans l’expression de la sexualité humaine.
3.3.4. L’Église est conçue pour être une communauté éternelle où les gens sont habiletés à expérimenter des relations saines et restaurées avec Dieu et les autres. La gratification sexuelle, bien qu’elle demeure un beau cadeau de la part de Dieu, n’est pas obligatoire à la satisfaction de cette communauté glorieuse de l’Église et sa gloire ne se compare pas à celle-ci.
3.3.5. L’Église est appelée à proclamer la dignité de tous les gens, à considérer tout un chacun avec respect et à créer une communauté pleine de grâce où notre déchéance sexuelle peut être restaurée, même lorsque nous expérimentons la tentation sexuelle ou l’échec. L’Église est appelée à procurer de l’amour, du soutien et à rendre des comptes.
3.3.6. L’expérience sexuelle n’est pas indispensable à l’épanouissement et à la satisfaction humaine, comme le démontre la vie de Jésus lui-même et son appel à certains de ses disciples à vivre le célibat chaste.
-
Résumé de l'annexe
4.1. Explication de l’annexe
Nous croyons que les articles 2 et 3 présentent un résumé adéquat de l’enseignement biblique sur le mariage et la sexualité humaine. L’annexe présente un argument étendu sur la manière et la raison pour laquelle nous en sommes venus à cette conclusion. Parce que nous croyons que la Bible est la Parole écrite de Dieu et ainsi, l’autorité dans tous ses enseignements, la rationalité dans l’annexe est cruciale. Les paragraphes suivants de 4.2 à 4.6 constituent un résumé de l’annexe.
4.2. Genèse 1 et 2 en tant que prescription
À la suite de l’approche interprétative tant de Jésus-Christ (Matthieu 19 et Marc 10 sur le divorce) que de l’apôtre Paul (1 Corinthiens 11 et 1 Timothée 2 sur l’ordre mâle-femelle), nous sommes convaincus que le récit de la création dans les chapitres 1 et 2 de la Genèse révèle ces deux faits à propos de la création et des paradigmes de la vie humaine. Le modèle mis sur pied par Dieu indique que la contrepartie convenable pour un homme est une femme et inversement, et non plusieurs femmes ou un autre homme et inversement et ce modèle est confirmé par les Écritures dans son ensemble.
4.3. Polygamie
La vaste portée des Écritures soutient le mariage monogame. Bien que la polygamie soit une pratique d’acteurs bibliques importants et qu’elle soit reconnue comme une réalité dans les lois mosaïques (Deutéronome 21.15-17), Jésus a indiqué précisément que les lois mosaïques sur le mariage constituaient une concession de la part de Dieu concernant l’état spirituel de l’ancien Israël (Matthieu 19.8), et ne constitue pas une déclaration de l’idéal moral. Jésus au contraire a proclamé la prescription de la création comme étant la norme morale (Matthieu 19.4-6) et les apôtres de Christ proclament également cette norme (1 Corinthiens 7.2 ; 1 Timothée 3.2).
4.4. Nature hétérosexuelle du mariage
La nature hétérosexuelle du mariage est enseignée de deux manières au moins. La première établit que l’objet du mariage est la procréation destinée à peupler la terre (Genèse 1.28) et établit ainsi l’union mâle-femelle. Le deuxième établit que l’Écriture rejette sans cesse la pratique homosexuelle et rejette donc le mariage de personnes de même sexe, comme le résume le paragraphe 4.5.
4.5. Pratique homosexuelle
L’étendue des péchés de Sodome était beaucoup plus vaste que l’activité homosexuelle (Ézéchiel 16.49-50). Cependant, cette activité particulière figurait parmi ces péchés (Jude 7). La loi lévitique condamne l’activité homosexuelle (Lévitique 18.22 ; 20.13). Et même si certains aspects des lois lévitiques traitaient de questions temporaires sur la pureté rituelle, le fait que les offenseurs homosexuels étaient sévèrement punis suggère que de telles actions soulevaient des questions morales fondamentales et ne traitaient pas uniquement de questions portant sur la pureté rituelle. Ce fait est davantage démontré dans la manière dont l’apôtre Paul aborde cette question. En effet, aux versets 26 et 27 du premier chapitre de Romains, il décrit les actes homosexuels tant des hommes que des femmes comme des exemples de rébellion contre le créateur et l’ordre créé. Au verset 9 du chapitre 6 de la première épître aux Corinthiens, il décrit un tel mode de vie comme le signe d’exclusion du royaume de Dieu. Enfin, au dixième verset du premier chapitre du premier livre de Timothée, il inclut ce genre de pratiques dans la liste des violations de la loi morale fondamentale de Dieu.
4.6. Genre
Lorsque cet énoncé de politique fait référence au mariage d’« un seul homme » et d’« une seule femme », la compréhension de ces phrases fait référence aux personnes qui sont biologiquement et respectivement mâle ou femelle à la naissance. Nous croyons que le témoignage cohérent de l’Écriture nous appelle à accepter notre identité biologique comme étant donnée par Dieu. La Bible proclame que notre identité fondamentale doit se trouver dans notre relation avec Dieu, et non dans notre orientation de genre ou sexuelle.
4.7. Conclusion
Nous concluons donc que le fait de se marier avec une personne de même sexe demeure une union sexuelle considérée comme un péché par Dieu. L’Écriture nous enseigne également que si nous agissons de manière à permettre à la commission du péché par d’autres est un péché en soi (Romains 14.13-15). En conséquence, aucun membre du personnel du Fellowship au ministère national, régional ou à des échelons locaux ne célèbrera de mariage de personne de même sexe.
5. Répercussions sur les Églises du Fellowship d’Églises Baptistes Évangéliques au Canada
5.1. Amour, dignité et respect
La Bible déclare que tous les gens doivent être traités avec amour, dignité et respect, quelle que soit l’orientation sexuelle d’une personne, ses perceptions religieuses ou ses opinions en matière d’éthique sexuelle. Les Églises devraient s’engager à témoigner aux gens de la compassion, à leur offrir des outils et des conseils pour les aider à vivre et à être florissants selon le dessein de Dieu tel que le montre l’Écriture.
5.2. Présider et célébrer
Aucune Église membre ni aucun titulaire d’un titre ou d’un permis permanent ou temporaire n’organisera, ne présidera, ni ne dirigera (par la prière, la lecture des Écritures ni n’offrira de musique) la célébration d’un mariage qui n’est pas conforme à la Politique sur le mariage et la sexualité humaine du Fellowship. Les régions ne peuvent émettre de titres à de telles fins. Bien qu’il ne doit y avoir aucune participation de membres du clergé titulaires d’un titre ou d’un permis, la présente politique n’interdit pas aux membres du clergé détenteurs d’un titre ou d’un permis d’assister à des mariages de personnes de même sexe
5.3. Points de vue religieux et conscience
Une Église membre soutiendra les droits religieux de ses membres du clergé de ne pas présider de cérémonie de mariage d’aucune manière où leur participation violerait les points de vue religieux ou selon leur conscience.
5.4. Politiques des Églises membres
Les Églises membres sont fortement encouragées à préciser par leur politique d’Église les normes du mode de vie au moyen de leur politique d’Église en concordance avec la Déclaration de politique sur le mariage et la sexualité humaine du Fellowship et à mettre en pratique de telles politiques en conséquence.
5.5. Conformité à la politique
Quiconque entretient des croyances ou transmet un enseignement contraire à la Déclaration de politique sur le mariage et la sexualité humaine du Fellowship ne sera ni reconnu ni déclaré en tant que membre du personnel d’une Église membre, aumônier du Fellowship ou missionnaire du Fellowship et ne sera nommé à aucun poste dirigeant administratif au sein du Fellowship d’Églises Baptistes Évangéliques au Canada. De même, toute Église membre qui entretient des croyances ou transmet des enseignements contraires à la Déclaration de politique sur le mariage et la sexualité humaine du Fellowship ne sera ni reconnue ni déclarée comme Église membre du Fellowship.