Y a-t-il quelque chose de serein au renoncement?
Y a-t-il vraiment quelque sérénité au renoncement? Le Grand Robert de la langue française définit l’adjectif « serein » comme « paisible et calme ». Par ailleurs, nous songeons à des soldats vaincus lors d’une bataille ou à des équipes sportives qui ont perdu tout espoir, quand nous pensons au renoncement. Notre culture a enjolivé la victoire par rapport à une défaite assurée. En fait, cela arrive rarement. Il nous est enseigné de détester la défaite. Le Grand Robert de la langue française définit « renoncer » ainsi : « délaisser, abandonner, reculer ». La langue française a fait une bien mauvaise réputation au mot « renoncement ». Le renoncement ne semble pas très « paisible » ni « calme », selon notre compréhension culturelle.
N’est-il pas habituel pour Jésus de s’exprimer vraiment à contre-courant de la culture lorsqu’il parle de renoncement? Lorsqu’il définit le mot renoncer, Jésus se porte à l’encontre de la sagesse traditionaliste. Il considère le renoncement comme une énorme victoire. Ses paroles à ce propos se trouvent dans Marc 8.35 (Colombe) : Quiconque en effet voudra sauver sa vie la perdra, mais quiconque perdra [renoncera à] sa vie à cause de moi et de l’Évangile la sauvera.
En d’autres mots, lorsque nous perdons, nous gagnons. La sérénité ne se trouve que dans le renoncement. La vie calme, imperturbable et empreinte de contentement que nous recherchons ne se trouve que lorsque nous en abandonnons le contrôle. Hissons le drapeau blanc. Décidons de suivre le plan du Seigneur, plutôt que le nôtre. Il est parfois très important de me rappeler cela, lorsque je veux abandonner mon travail, mon mariage, mon Église, mon champ missionnaire, ma foi.
Lorsque j’accepte le plan de Dieu plutôt que le mien, cela peut vouloir dire accepter des choses que je ne peux changer ni contrôler. Et il y en a beaucoup que je ne peux ni changer ni contrôler dans la vie. Je dois apprendre à accepter ces choses qui font partie du bon plan de Dieu. C’est toute la signification que prend une vie d’abandon. C’est difficile.
Comment ne pas devenir frustré ou désirer tout abandonner parce que quelque chose ou quelqu’un semble inflexible? L’inquiétude et le ressentiment ne peuvent pas y remédier. Le fait de se sentir coupable n’a jamais changé le passé. Céder à la colère demeure entièrement vain. Rien de tout cela ne peut nous apporter un gramme de sérénité. La seule chose qui fonctionne, c’est d’abandonner, d’apprendre à être content du plan de Dieu. Lisons Philippiens 4.11-13 (Colombe). Nous voyons que Paul « a appris » le contentement. Cela ne vient pas naturellement aux pécheurs en série. Pourtant, renoncer m’évitera de grincer des dents par amertume pendant des années.
Si nous voulons connaître la sérénité dans la vie et dans le ministère, nous devons pouvoir dire en toute honnêteté : Que ton règne vienne. Que ta volonté soit faite […]. Mener une guerre contre Dieu nous éloignera d’une vie sereine. Alors, hissons le drapeau blanc. Renonçons. Abandonnons-nous à la volonté de Dieu, quelles que soient les circonstances. Dans l’abandon, nous trouverons la sérénité et le contentement.